Under Cover

Conçu pour le mouvement, la vitesse - la fuite aussi – le véhicule s’immobilise sous un voile fragile.
Sous couvert, c’est un capital affectif, un marqueur social mis en sommeil.

La bâche, la couverture, le plastic le protège autant qu’il le dissimule, signalant une relation ajournée entre l’humain et la machine.
Il devient geste de suspension, temps mis entre parenthèses.

Présence silencieuse, la machine se défait de sa mécanique pour devenir forme, masse, silhouette - parfois animale - en veille.
Elle se mue en un corps en attente.
Ni abandonnée, ni active,
elle porte la trace d’un geste passé et la promesse d’un geste à venir.
L’humain, lui, est absent mais son intention demeure,
inscrite dans l’anticipation du retour.

Conduite universelle, le même rituel se répète d’un pays à l’autre.
Les formes s’effacent, les signes se neutralisent, les hiérarchies se dissolvent sous la toile.
Ce qui était distinct devient anonyme.
Ce qui devait incarner la liberté et l’autonomie se retrouve immobile.
Le progrès se met à couvert.
Dans un monde obsédé par la visibilité et la performance,
couvrir devient un acte presque subversif.

À l’abri des regards, Under Cover observe cet entre-deux.
Il dissimule ce moment fragile - telle une méditation sur la latence - où le mouvement se tait, sans jamais cesser d’être possible.